Français | English

Tourist Trophy 1978 : le jour où Mike Hailwood est devenu légende

Pourquoi créer une montre très exclusive en hommage à Mike Hailwood pour le Club Pecqueur Motorists ? Voici l’histoire folle du jour où, 11 ans après sa retraite de plus grand champion moto de tous les temps, Mike Hailwood est revenu à la compétition, sur la course la plus dangereuse au monde.

Tout à perdre, ou presque. La course, l’honneur, la fierté, l’argent engagé. La vie, peut-être. En ce jour de juin 1978, lorsqu’il se présente avec sa Ducati 900SS au départ de la course de TT Formula One, la catégorie reine du Tourist Trophy, Mike Hailwood est empli de doutes. A-t-il raison de se trouver là ?


Evidemment, il est là pour gagner. Comme toujours : il a déjà remporté 12 fois le Tourist Trophy sur les routes démentielles de l’Ile de Man, coincée entre Angleterre et Irlande. Mais voilà : le pilote anglais, auréolé de 9 titres de Champion du Monde, s’est retiré de la compétition moto en 1967. 11 ans plus tôt.

Mike Hailwood sur 4 roues, ici avec la Lola T190 de Formule 5000 en 1970.

Depuis, il s’est consacré à la course automobile. Champion d’Europe de Formule 2 en 1972, podiums et victoire en Endurance, et 50 courses en Formule 1 depuis 1963 . Jusqu’à ce jour de 1974 où, dans l’enfer vert de la Nordschleife et des forêts de l’Eifel où se trouve le Nürburgring, un grave accident a mis un terme qu’il pensait définitif à sa carrière en compétition. Jambe droite salement brisée, une blessure à la cheville dont il ne se remettra jamais complètement. Il quitte l’automobile sans trop de regrets : de toute façon, il préférait le monde de la moto, plus joueur, plus spontané, plus fou, à celui de la course auto et de la formule 1 en particulier, trop calculateur, trop sérieux. Gros travailleur, Mike Hailwood veut aussi et surtout s’amuser.

Têtes nues et fun entre amis, Mike Hailwood avec James Hunt à Brands Hatch en 1964.

Et en moto, il s’est amusé pendant une bonne décennie entre 1957 et 1967. Il a aussi tout gagné, dans toutes les catégories, en travaillant avec humilité et une jubilation communicative, tout gagné sans jamais avoir à sa disposition la toute meilleure machine du plateau. C’est l’homme qui a fait la différence. Mais tout ça, c’était avant, plus de 10 ans avant ce jour du Tourist Trophy.

Fougue et sourire solaire de la jeunesse, Mike à Oulton Park en Février 1967.

Aujourd’hui, Mike Hailwood n’est plus tout à fait le fringant jeune homme de ses années de gloire, affuté comme une lame de Sheffield, svelte et vif, élégant en toute occasion, sourire enjôleur et humeur taquine, playboy enthousiaste qui captive le regard des femmes. Dans sa retraite en Nouvelle-Zélande, Mike s’est un peu épaissi ; qui ne l’a pas vu depuis 11 ans sur un circuit moto peine à le reconnaître, avec sa calvitie généreuse et sa demi-couronne de cheveux, portés mi-longs dans la nuque. Et puis, il y a cette gêne perceptible lorsqu’il marche. Mike a 38 ans. 38 ans, ce n’est pas vieux pour le commun des mortels, mais voilà : si, dans sa première vie de motard, Mike n’était ni commun ni, semble-t-il, mortel, qu’en est-il aujourd’hui ?

Course de dingues


En ce jour de 1978, il sent qu’on espère et qu’on tremble pour lui. Créé en 1907, le Tourist Trophy est la course de moto la plus dingue au monde, sans doute la plus dangereuse (pas moins de 267 décès de motards en 102 éditions !). A la fin des années 70, en TT Formula One, on boucle six fois le parcours de 60 km et 264 virages dessiné sur l’Ile de Man, 360 km à plus de 170 km/h de moyenne. Concentration de tous les instants exigée. OK, les protections sont un tout petit peu plus efficaces que lorsqu’il a couru ici pour la dernière fois : les combinaisons sont un peu plus épaisses, et le combo lunettes et casque bol a laissé la place aux casques intégraux.

Mike au Tourist Trophy 1958, décollage à Ballaugh Bridge

Mais le Tourist Trophy se court sur un circuit naturel : routes de campagnes, rues de villages… les trottoirs, les cabines téléphoniques, les arbres, les murs de pierre, les angles de maisons que l’on rase, poignée droite à fond, tout est nu, vif, menaçant, mortel. Les pilotes tapent des pointes à 230 km/h sous les arbres aux troncs patibulaires dans les lumières stroboscopiques façonnées par le soleil aveuglant et l’ombre des feuillages. Par endroits, la moto décolle, comme à Ballaugh Bridge où, à l’atterrissage, succède immédiatement un virage à droite entre les maisons du village. Truc de motard. Comme disait Giacomo Agostini, ici, tu dois oublier le danger et la mort. Tu dégoupilles et basta. Du reste, c’est si dangereux que le TT a été retiré du Championnat du Monde de vitesse moto en 1976 au profit de seules courses sur circuits fermés. Mais les plus fous des fous continuent de s’arsouiller sans mesure sur ce circuit dément.

Croire au miracle


Jamais la foule n’a été aussi dense sur les bords des rues et des routes. On vient voir Mike the Bike, idole locale pour les Anglais, déjà un mythe pour tous : Mike est ici chez lui mais, en plus de ses triomphes sur l’île, il compte aussi 76 victoires en Grand Prix pour 152 départs, soit le quota ahurissant de 50% de courses gagnées, 112 podiums, 79 pole positions et 105 records du tour ! D’où son surnom de « Mike the Bike ». C’est une belle allitération, mais surtout un état de fait :  on n’a jamais vu une telle osmose entre un homme et sa pratique. Mike, c’est l’essence de la course moto : l’équilibre, la finesse et la précision (« en moto, je ne glisse pas ! »), la hargne, la pugnacité, l’audace et le courage.

Séquence ménagère avec Madame Hailwood senior. Mike n’a que 19 ans en 1959, mais les étagères à trophées sont déjà saturées.

Les bobs Martini blancs floqués de son surnom en lettres rouges pullulent.  On espère qu’il va gagner. Evidemment, rien n’est moins sûr, cela tiendrait du miracle, mais on aime croire aux miracles. Rien qu’une fois. Comme aux éditions précédentes, comme beaucoup d’autres pilotes aussi, Mike s’est inscrit dans diverses catégories outre la Formula One : Senior, Junior et Classic TT. Pas terrible : sur ses Yamaha, il finira respectivement 28e, 12e, et sur le bas-côté :  abandon. Mais s’il n’y a qu’une seule course à gagner, c’est bien celle de la Formula One, au guidon de la Ducati. 


Mike n’a aucune certitude, sinon qu’il a préparé la course avec minutie. Pour ne rien regretter. Il sent cependant « que l’île (de Man) continuera à être bonne avec lui » (« I felt the island would continue to be kind to me »). Il sait qu’il n’aurait aucune chance s’il devait s’astreindre à courir toute une saison en Grand Prix, comme autrefois. Mais cette course unique… Alors il a fait préparer en Angleterre sa 900SS achetée au magasin Ducati de Manchester, a bénéficié d’un petit coup de pouce de l’usine (pragmatisme des Italiens, pas franchement convaincus par son retour, mais sait-on jamais…), et a entrepris une tournée d’essais : « On a fait des tests sur des tas de pistes partout en Angleterre, pendant des jours et des jours et des jours. Mais bien sûr, rouler sur des petits circuits n’est pas tout à fait la même chose que de rouler sur l’Ile de Man ».

La machine est rétive, mais Mike a soigneusement préparé sa Ducati 900SS.

Comme il connaît par cœur ses routes et ses pièges, Mike sait pourtant ce qu’il convient de faire. Le moteur de la Ducati ? 88 ch, mais pas trop pointu, il faut une large plage d’utilisation, pour exploiter au mieux ses capacités. Le cadre ? Allégé et, pour recevoir les nouveaux slicks fournis par Dunlop, légèrement élargi dans sa partie postérieure. Mais surtout, pour n’être pas handicapé par une cheville droite qui n’a plus la puissance, l’endurance ni l’agilité d’antan, le changement de vitesses est installé à gauche. Et on dirait que ça marche : aux essais de la Formula One, Mike a pulvérisé son propre record de 1967, établi à 172 km/h au guidon d’une Honda 500 cm3 : ses 178.6 km/h en 1978 font qu’on ose y croire quand même, au moins un peu, pour cette course, avec cette machine rouge et verte frappée du numéro 12.

Au nom du père


La légende aimerait qu’entre 1967 et 1978, Mike n’ait pas repris le guidon d’une moto en compétition. On va être honnête : pour situer son niveau, il a bien pris part à quelques courses, notamment en Australie, avant de revenir sur l’Ile de Man. Mais l’essentiel n’est pas là. Oublions.

Pour Mike, un autre évènement capital a marqué le début de l’année : moins de trois mois avant le Tourist Trophy son père Stan est décédé, à l’âge de 75 ans. Stan comptait énormément dans la vie et la carrière de Mike. Homme d’affaires et millionnaire aussi engagé dans la distribution de motos, il a toujours tout fait pour que son fils puisse assouvir sa passion et courir dans les meilleures conditions. Au point qu’on le surnommait « the wallet » (le porte-monnaie), laissant à penser que Mike s’était surtout imposé grâce aux infinies largesses paternelles. Stan en revanche assurait que chaque penny investi dans les motos et la carrière de son fils devait être rentable. 

Heureusement que Stan est là pour assister Mike à la réception de deux modestes trophées de plus : victoires en 125 et 250 au Tourist Trophy 1961.

Mike en tout cas n’a jamais rejeté ni fait mystère de l’aide que lui donnait son père. Il en a tiré profit, mais s’est imposé sur les pistes et en dehors par son talent, son travail et l’empathie qu’il manifestait dans ses rapports avec les fans et les autres concurrents.


Sur les images des années de course, entre 1957 et 1967, on voit souvent Stan à proximité de son fils, avant ou après la course : costume bien taillé, moustache blanche soigneusement dessinée, chapeau « grand comme un sombrero » (dixit un journaliste de l’époque, un peu excessif tout de même).

Et un autre chapeau victime de l’enthousiasme paternel lorsque Mike franchit la ligne d’arrivée en vainqueur au Tourist Trophy 1961

Maintenant, Mike est orphelin de son père, de son bienfaiteur et mentor. Qui ne viendra plus l’enlacer et lui taper sur l’épaule après l’arrivée. Et là, sur la ligne de départ, il contemple pensivement la foule et se dit que ces gens qui, comme son père autrefois, sont venus pour lui, il n’a pas le droit de les décevoir.

Retour gagnant

Mike Hailwood et Phil Read en Juin 1978

Et puis c’est le départ. 63 concurrents se disputent la catégorie TT Formula One. Le plus grand concurrent de Mike est Phil Read, « the Prince of Speed ». A son actif, déjà 7 titres de champion du monde et 8 victoires au Tourist Trophy. Beau garçon alerte à la chevelure abondante, Phil a un an et trois mois de plus que Mike, mais il semble plus jeune, et il est bien décidé à faire mordre la poussière au retraité revenant : lui ne s’est pas arrêté de courir. Il a même remporté les catégories Senior et Formula One l’année précédente, il ne va pas s’en laisser compter par une vieille gloire.

Image du passé : Mike au départ sur MV Agusta dans les années 60. En amazone jusqu’à être certain que la moto est bien lancée

La dernière fois que Mike a couru ici, on partait deux à deux en poussant la moto, sur laquelle on se juchait d’abord en amazone avant de l’enfourcher comme un jockey son cheval, une fois qu’on avait la certitude de l’avoir bien lancée. Maintenant, c’est encore paire après paire que l’on s’élance, mais en chevauchant la machine dès la ligne de départ. Mike part 50 secondes après Phil Read et sa Honda four officielle. Immédiatement, Mike vole littéralement sur la route, dans son style habituel, d’une pureté absolue : quand Mike attaque, cela ne se voit pas. On constate juste que ça va diablement vite ! A la fin du premier tour, en temps corrigés, il mène déjà la danse avec 9 secondes d’avance sur son plus proche poursuivant, et 20 secondes sur Phil Read. Dès le 3e des six tours, humiliation : Mike double Read et se construit une avance confortable. Au 5e tour, Read boit le calice jusqu’à la lie : rudoyé sans mesure, poussé à son maximum pour résister puis revenir, son moteur casse.  

Au 3e des 6 tours, Mike a repris 50 secondes et dépassé Phil Read, qui ne verra plus que sa roue arrière, son dos, puis plus de Mike du tout.

Hailwood finit la course à sa main, s’enivrant des cris de délire de la foule, qu’il voit gesticuler frénétiquement à son passage, programmes tendus à bout de bras, spectateurs soûls d’une même fraternité mécanique, qui hurlent si fort qu’il les entend sous son casque dans les passages plus lents : « Dingue ! Du jamais vu ! » commente-t-il après l’arrivée.

Podium du Tourist Trophy 1978 : Mike Hailwood encadré de John Williams et Ian Richards

Sur le podium, Mike agite sa casquette jaune Dunlop et s’offre une longue rasade de champagne à même le jéroboam. C’est John Williams, bob rouge vissé sur la tête et arrivé 2e sur sa Honda, qui lui tend la bouteille, certain qu’il n’a été vaincu que par le plus grand ; il tire sur la cigarette qu’il tient entre pouce et index puis applaudit le champion. Le cérémonial est moins solennel qu’aujourd’hui mais sincère, empreint d’une admiration éperdue. Mike écrase une larme furtive. Il ne voit pas son père dans la foule qui l’acclame, mais il savoure ce moment, qui atteste qu’à 38 ans, il peut encore tutoyer les dieux. Comme avant.

La légende


C’était la 13e victoire de Mike Hailwood au Tourist Trophy, la course la plus dingue au monde. Celle qui l’a élevé au rang de légende absolue, capable de revenir de nulle part, 11 ans plus tard, et de reprendre immédiatement sa place au firmament de sa discipline. En réalité, Mike a encore gagné un Tourist Trophy, l’année suivante, dans la catégorie Senior, au guidon d’une Suzuki RG500. Dans sa carrière, il aura piloté 70 modèles de motos de 50 à 1000 cm3 d’une quinzaine de marques différentes, et il les aura presque toutes menées à la victoire. Mais s’il en reste une, une seule qui se dégage de cette incroyable collection, c’est la Ducati 900SS du Tourist Trophy 1978. Ne retenons donc que la légende.

Mike Hailwood, même à l’attaque, c’était un pilotage d’une stupéfiante limpidité, comme si ses victoires concluaient de paisibles sorties dominicales.

Cela s’est passé voilà 46 ans. C’est la raison pour laquelle la montre « Club Pecqueur Motorists » « Tribute to Mike the Bike » est produite à 46 exemplaires seulement. Pas un de plus. Elle reprend par touches subtiles les couleurs italiennes que portait la Ducati 900SS du Tourist Trophy, dominante rouge et bas de carénage vert, séparés par un filet blanc. Même le dos de la montre, que l’on portera sur la peau, recèle des surprises : le chiffre 12, que la moto arborait en course, dans une authentique  typo Ducati, se trouve sur le boîtier, alors que l’envers du bracelet se pare de la complémentaire de la surpiqûre, rouge ou verte. Une montre très exclusive, aussi unique, aussi mythique que l’homme et l’exploit insensé qu’elle rappelle.

Montre thématique Mike Hailwood, secrets de designer

Marco Hug est le Chief designer du studio de design horloger indépendant Neodesis, sélectionné par BPM pour donner à chacune des collections thématiques de la montre « Club Pecqueur Motorists » une personnalité propre. Marco est aussi un ancien fondu de motos. Il a donc adoré travailler sur cette collection « Tribute to Mike the Bike».

Temps de lecture :  4 minutes


Diplômé de l’Ecole d’Arts Appliqués de La Chaux de Fonds en Suisse, Marco Hug a débuté sa carrière au sein d’un atelier de bijouterie à Bienne, pour lequel il développait en parallèle des designs horlogers. Puis il a rejoint la société Louis Chevrolet Watches *, avant d’intégrer, quelques années plus tard, la marque horlogère Parmigiani Fleurier en tant que responsable du studio de design. Il a rejoint Neodesis voilà trois ans.

Marco, quelles ont été vos sources d’inspiration pour développer l’opus « Tribute to Mike the Bike » de cette nouvelle collection de la montre « Club Pecqueur Motorists », emblème et code d’accès du club éponyme ?


Marco Hug :  J’ai reçu un brief très complet de la part de Romain Guettal, du Groupe BPM. Romain m’a d’abord présenté les grandes étapes de la carrière du pilote Mike Hailwood. Puis il m’a expliqué la volonté du Club Pecqueur Motorists d’évoquer et de commémorer sa victoire historique au Tourist Trophy 1978 au guidon d’une Ducati. J’ai alors cherché des points d’ancrage permettant de mettre en valeur des éléments liés notamment à cette Ducati 900SS avec laquelle il s’est imposé voilà 46 ans. La montre « Tribute to Mike the Bike » rend hommage à sa performance et sera limitée à 46 pièces numérotées.

Quels éléments ont retenu votre attention ? 


Tout d’abord, je me suis attaché à intégrer les trois couleurs officielles de l’écurie de course Ducati : rouge, vert et blanc. Je souhaitais qu’un signe distinctif apparaisse au niveau du disque de réglage du fuseau horaire. J’ai donc imaginé de marquer le zéro de vert, pour opérer une subtile rupture tout en favorisant la lisibilité, grâce à ce point médian plus contrasté. Ensuite, en référence aux couleurs des compteurs racing, j’ai retenu le blanc pour l’intérieur des cadrans indiquant l’heure locale et l’heure de destination. Puis, j’ai proposé un joint de glace de couleur verte ou rouge, idem pour le joint entourant le fond Saphyr qui laisse voir le mouvement Pecqueur LTM 5021.  Quant au cadran des petites secondes, j’en ai teinté le pourtour des trois couleurs du team Ducati. Enfin, pour rester en harmonie avec la nouvelle couleur noire sur fonds blanc des aiguilles, j ’ai également modifié la couleur du disque de lune indiquant jour et nuit, en le faisant passer du bleu au noir. Enfin, pour obtenir un rendu plus mat, la cote de Genève du cadran a été remplacée par un satinage doté de lignes de décor gravées.

Avez-vous aussi travaillé le dos de la montre ?


Bien sûr ! Sur le fond Saphyr, j’ai inscrit le chiffre 12 que portait la moto avec laquelle Mike Hailwood a gagné ce Tourist Trophy de 1978. Et je lui ai donné la typo très caractéristique de la marque Ducati.

Y a-t-il d’autres éléments qui différencient cette montre des autres pièces de la collection du « Club Pecqueur Motorists » ?


Oui, une marque de différenciation assez unique se situe au niveau du bracelet. Si le joint cerclant le cadran est de couleur rouge, les piqûres extérieures du bracelet sont également rouges en harmonie, mais l’intérieur du bracelet, lui, est contrasté et teinté de vert, avec des surpiqûres rouges. Et inversement : si le joint de cadran est vert, l’intérieur du bracelet est rouge. Je trouve que cette approche donne une touche encore plus authentique et très distinctive à cette pièce de haute horlogerie.

Aviez-vous déjà eu l’opportunité de travailler sur un thème se rapportant à la compétition, automobile ou moto ? 


Non c’était la toute première fois. Mais en tant qu’ancien motard, fanatique propriétaire de Yamaha FZR 750 Genesis et autres Honda CBR 900, j’ai adoré. Et je vous avouerai que la référence à Mike Hailwood m’a interpellé. Il a marqué le sport motocycliste par sa maestria au guidon aussi bien que par son attitude hors-piste, très appréciée des fans et des pilotes contre lesquels il se battait. De plus, c’est un des rares pilotes moto à avoir réussi une reconversion au plus haut niveau en sport automobile, puisqu’il a couru de nombreuses années en Formule 1 après ses titres en Grand Prix moto. Ce qui m’a également intéressé dans le travail du design de cette nouvelle collection horlogère, c’est le lien avec l’Italie via Ducati. En tant que designer, je suis un admirateur invétéré de Giugiaro, le fondateur d’Ital Design. Hors les arts mécaniques, il a marqué de son empreinte de nombreux domaines industriels. Les traits de crayon des designers italiens restent souvent parmi les plus reconnaissables.      


* originaire de la ville de la Chaux de Fonds, le pilote automobile suisse Louis Chevrolet (1878-1941) s’expatria aux Etats-Unis et fonda la marque d’automobiles Chevrolet en 1911.  

Le Club des passionnés des Arts Mécaniques en Mouvement

Le Club Pecqueur Motorists s’adresse aux passionnés des Arts Mécaniques pris dans leur diversité plurielle. Je suppose que vous en êtes, comme je le suis moi-même. Les belles automobiles, les motos ultimes, les avions d’exception, les surpuissants bateaux off-shore ou les canots automobiles d’antan, les pièces de haute horlogerie et tout autre objet d’art mécanique créé par le génie humain m’ont toujours fasciné.

Ainsi m’est venue l’idée de fonder un Club où se retrouveront ceux qui aspirent à approcher d’encore plus près les plus beaux, les plus ambitieux, les plus exclusifs de ces objets, et à rencontrer leurs géniaux créateurs. Je souhaite que ce Club propose des rencontres et des expériences à la démesure de notre passion commune. Ainsi est né le Club Pecqueur Motorists.


Pourquoi « Pecqueur » ? Tout simplement en hommage au maître horloger Onésiphore Pecqueur, considéré comme le premier ingénieur automobile. Né en 1792, il inventa en 1819 un différentiel mécanique destiné aux mouvements des pendules murales. Puis, en 1827, il transposa son application au châssis d’un prototype de véhicule à vapeur. Ce transfert d’une invention de la mécanique horlogère à l’ingénierie automobile m’apparut symbolique de ce que je voulais exprimer : les domaines des arts mécaniques s’enrichissent mutuellement, à la fois par la technologie mais aussi par les passions qu’ils fécondent.


L’histoire était trop belle ! Aussi ai-je décidé que notre code d’accès au Club Pecqueur Motorists ne serait pas un banal passe aux allures de carte de crédit. Portant l’exclusif qui est l’ADN de Pecqueur Motorists à sa légitime dimension, nulle carte de membre, mais une montre absolument inédite, spécialement conçue et produite en séries thématiques limitées, chaque exemplaire étant parfaitement identifié et individuellement destiné à un seul membre du Club.

Mieux encore : pour exprimer l’essence du Club, j’ai voulu que cette montre propose une complication horlogère GMT inédite, reprenant le Différentiel mécanique d’Onésiphore Pecqueur. Les membres du Club la porteront à leur poignet comme le marqueur d’une même passion, le témoin d’une discrète connivence et le signe d’une fierté d’appartenance. Cette démarche décalée reflète à la fois ma fascination pour les Arts Mécaniques et l’ambition de notre Club d’en nourrir l’essence d’exclusives substances.


Espérant vous compter bientôt dans notre confrérie des Arts Mécaniques.


Patrick Bornhauser
Président Fondateur de BPM group

Le Torpedo Babebi de J Craft, glamour ultime

Comment ne pas tomber en amour ? Il y a de la grâce dans ce bateau : son allure, ses proportions, ses matériaux, son mobilier, tout évoque des séquences de films mythiques, des temps suspendus d’insouciance absolue entre ciel et mer, le glamour à l’état pur.

On pense à la Dolce Vita. Et pourtant, le J Craft Torpedo nous vient de Suède. Avec une belle ascendance : les ateliers de J Craft sont basés à Gotland, la plus grande île de la Suède qui, sous les climats farouches de la mer Baltique, fait face à la Lettonie. On raconte que les Vikings y construisaient leurs drakkars, et c’est resté le berceau de la construction navale suédoise. Chez J Craft, qui y opère depuis 1999, la tradition est honorée, le savoir-faire vénéré et l’exigence absolue. On retrouve tout cela dans leurs Torpedo, superbes runabouts de 42 pieds (12,63 mètres). Aussi familiers soient-ils des ports de Monaco ou Porto Cervo, ils sont tout d’abord conçus pour affronter les féroces rigueurs du large, à l’extrême Nord de la Baltique.

Tout est fait main et à la demande. Choisir un Torpedo de J Craft, c’est bien plus que choisir un bateau. C’est exprimer son amour de la mer, d’un style de vie, des objets uniques. On pourra commencer sur le configurateur en ligne, et jouer avec les possibles couleurs de la coque, des revêtements, de l’équipement. Puis, pour cristalliser son rêve, on passera le temps nécessaire avec les designers de J Craft avant de lancer la fabrication.

On retrouve là l’esprit du Club Pecqueur Motorists : chaque Torpedo est une pièce absolument unique, qui reflète le désir d’un individu unique. Chaque Torpedo est construit individuellement par une petite équipe, qui l’accompagne depuis son origine jusqu’à sa mise à l’eau. Un minimum de 8.000 heures de travail sont nécessaires pour la fabrication, on va souvent au-delà. A lui seul, le pont en acajou reçoit 18 couches d’apprêts et de vernis, de manière à présenter cette perfection d’aspect qui doit traverser les éléments et les âges sans perdre, dit-on chez J Craft, « sa beauté de star du cinéma ».    

Sous l’aspect de l’indémodable tradition du motonautisme classique des années 50 et 60 se cache une technologie de haut vol. Le J Craft Torpedo est propulsé par deux moteurs 6 cylindres en ligne Volvo Penta IPS (Inboard Performance System) de la dernière génération. On peut choisir entre quatre types de groupes motopropulseurs, dont cylindrée et puissance unitaires sont comprises entre 3.7 et 6.7 litres, et entre 400 et 650 chevaux.

La puissance est transmise à deux groupes de doubles hélices contre-rotatives orientées vers l’avant, qui pivotent indépendamment l’un de l’autre pour imprimer sa direction au bateau. Pas de gouvernail donc, mais une direction électronique contrôlée par un joystick permettant, surtout dans les ports, des manœuvres d’une grande finesse – et des arrivées souveraines dans le chatoiement des acajous, en parfait accord avec la physionomie du Torpedo.

Autres avantages de ce groupe motopropulseur très compact : une vitesse maxi supérieure de 20% aux systèmes traditionnels pour une consommation 30% inférieure en vitesse de croisière, des vibrations et un volume sonore très nettement diminués, même à pleine charge. Doté du moteur 650 RS, le J Craft Torpedo propose une vitesse de croisière à moyenne charge de 30 nœuds (environ 56 km/h), qui lui permet une autonomie d’environ 280 milles nautiques (520 km). Manettes des gaz poussée à fond, exaltation marine et cheveux devenus fous, on s’autorise de déchirer l’onde à 47 nœuds (87 km/h) !

Le « Babebi » qui faisait tourner les têtes aux Salons nautiques de Cannes et Monaco à la fin de l’année dernière était le 21e Torpedo produit par J Craft. Coque à la couleur métallisée, intérieur en laiton jaune et selleries combinant le jaune et le blanc cassé rehaussées de coutures en losange, les harmonies sont à la fois audacieuses, originales et exquises. Le bateau peut accueillir très confortablement jusqu’à 10 personnes pour une croisière d’une journée, et la luxueuse cabine est équipée pour permettre à 4 personnes d’y voyager, vivre et dormir à leur aise. Glamour en mer. 

Crédit photos : ©J Craft Boats AB

Haute horlogerie avant-gardiste, emblèmes du Club

C’est une idée innovante qui a donné naissance au Club Pecqueur Motorists, une idée qui répond à une ambition : créer une plate-forme unique, fédérant les divers univers des Arts Mécaniques sous un seul label, et offrir aux passionnés la possibilité d’explorer, de rencontrer, de vivre en (très) grand leur passion. Autre idée innovante : donner au Club un emblème tout à fait original, mécanique et sensuel, une montre, qui se déclinera en collections hommages (« Tribute ») très limitées. Voici les premières.   

Choisir qu’une montre serait le sésame du Club Pecqueur Motorists, c’était déjà entrer en résonnance parfaite avec l’objet de ce Club :  c’est un objet d’Art Mécanique d’une grande noblesse qui célèbre l’entrée dans le club des amoureux des belles mécaniques. Un objet aussi que l’on porte au plus proche de soi, à fleur de peau – pas une carte de plastique perdue au fond d’un portefeuille parmi d’autres.

Le pedigree de cette montre est celui d’une pièce de haute horlogerie, dotée d’un calibre GMT qui lui est propre, et d’un design lui aussi unique. Résultat concluant, obtenu avec l’experte complicité de maisons suisses de renom.

Enfin, pour compléter le story-telling déjà très riche de ce garde-temps, et pousser un concept innovant dans ses ultimes développements, nous avons décidé qu’il n’existerait pas une version générique de la montre mais :

  • une micro-série unique, la « First Edition » très limitée, de la première version,
  • puis des séries de collections thématiques nommées « Tribute » qui rendent hommage à un homme, une marque ou un évènement ayant laissé une forte empreinte dans l’univers des arts mécaniques.

A l’histoire ambitieuse et innovante de la montre elle-même se superposera donc celle de l’hommage rendu.  


Qui dit séries très limitées comprend aussi qu’on est loin de la relative banalité d’une montre produite en grande série pour un marché global, fût-elle issue d’un grand nom de l’industrie horlogère.

L’exclusivité est une valeur majeure du Club Pecqueur Motorists, et son sésame horloger entend la porter haut: chaque montre est attribuée individuellement à chaque membre du club. Et les membres du Club seront identifiés par leur nom, ainsi que par le numéro de châssis de la montre qu’ils auront choisie pour sceller leur adhésion. Ce numéro de châssis intègre par ailleurs le chiffre identifiant la série limitée ; chaque montre est donc unique de par sa numérotation.

Pour vous guider dans votre choix au-delà de l’esthétique propre à chacune des trois versions de la montre déjà existantes, voici le résumé de leurs histoires respectives :

La FIRST EDITION est la montre « originale » : c’est avec elle que tout a commencé. Elle reprend le design du tout premier prototype, dont le mécanisme et le nom font référence aux travaux d’Onésiphore Pecqueur. La production de la First Edition a été limitée à 25 exemplaires – dont celui que porte Patrick Bornhauser lui-même. Chaque montre est évidemment numérotée, de sorte qu’il n’y en a pas deux identiques.

Montre « Club Pecqueur Motorists »
First Edition
Montre « Club Pecqueur Motorists »
First Edition

La montre TRIBUTE TO ANTONY NOGHES rend hommage au fondateur du Grand Prix de Monaco, à la détermination et à l’inventivité dont il fit preuve pour créer, en 1929, une épreuve automobile unique en tous points. Depuis, 80 Grands Prix ont eu lieu en Principauté, sur un tracé presque inchangé, et chaque édition a donné lieu à des batailles où l’audace le dispute à la précision. Monaco, c’est aujourd’hui encore le cadre le plus improbable et le plus prestigieux pour les Formule 1, et y gagner marque une carrière à tout jamais. La série hommage à Antony Noghès est limitée à 80 unités. Chacune fait référence à l’une des 80 éditions du Grand Prix, évoquée, ainsi que l’année où elle s’est tenue, par les chiffres gravés au dos du boîtier. On pourra choisir l’édition de sa propre année de naissance, du triomphe de son champion favori ou d’une course particulièrement épique.

Montre « Club Pecqueur Motorists »
Tribute to Antony Noghès
Montre « Club Pecqueur Motorists »
Tribute to Antony Noghès

La montre TRIBUTE TO MIKE THE BIKE est la dernière-née des trois versions, et sa production est programmée par tout petits lots entre Mars et Mai 2024. Elle évoque par touches subtiles et discrètes les couleurs de la Ducati 900SS avec laquelle Mike Hailwood a remporté la catégorie reine du Tourist Trophy 1978. C’était certes la 13e de ses 14 victoires au Tourist Trophy, mais aucune n’aura été plus extraordinaire ni plus marquante. C’était il y a 46 ans. Si bien que ne seront produits que 46 exemplaires de cette édition hommage. Et pour en savoir davantage sur Mike Hailwood, pilote anglais mythique au palmarès et à l’histoire incroyables, reportez-vous aux passionnants articles de la rubrique « Stories » de cette Newsletter.

Montre « Club Pecqueur Motorists »
Tribute to Mike The Bike
Montre « Club Pecqueur Motorists »
Tribute to Mike The Bike

Reveal, le différentiel du calibre PECQUEUR LTM 5021

Au sein de cette vidéo, Theo LEVALTIER, jeune horloger, décrit quel était le cahier des charges ayant régi le développement de la pièce horlogère « Club Pecqueur Motorists » à savoir perpétuer l’esprit pionnier de Pecqueur en développant un calibre GMT novateur. Celui-ci permet de distiller une lecture intuitive d’un second fuseau horaire, sans devoir se calquer sur une ville de référence, ni connaître le nombre d’heures à ajouter ou retrancher par rapport à l’heure de domicile.
Le Différentiel du calibre PECQUEUR LTM 5021 répond à une construction étagée et non à plat, contrairement aux différentiels horlogers classiques.


Ce calibre a été entièrement conçu et développé par la manufacture de haute horlogerie LTM située à Fleurier en Suisse. Comme l’explique et le montre Theo, il ouvre une voie nouvelle dans l’appréhension des fuseaux horaires. Plutôt que d’afficher un second GMT sur 24 heures par une aiguille au centre, il indique simultanément l’heure de domicile et l’heure du second fuseau sur deux cadrans, sans pour autant dédoubler son mécanisme. Fait rare, voire unique en horlogerie, il figure également la zone GMT du second fuseau choisi.


Plus que d’être la signature du Club Pecqueur Motorists, Theo insiste sur le concept d’« Art Mécanique en Mouvement » et les partis pris stylistiques qu’illustrent la montre « Club Pecqueur Motorists. Le regard est immédiatement rivé sur un pont à 7h, atypique dans l’horlogerie. Élégamment profilé, il enjambe une partie du cadran. À son extrémité supérieure, le plus grand des rouages, évidé, offre une vue plongeante dans le coeur du mouvement. Une invitation à pénétrer dans les entrailles du « moteur ».
Quant à l’architecture stratifiée du cadran, elle joue sur les superpositions où chacune est un disque particulier, comme l’explique Theo : « Le design du cadran est complexe du fait de ses différents niveaux de hauteur et la variété des textures. Il est composé de sept pièces et a exigé des pieds (situés immédiatement au-dessous du cadran et fixant ce dernier au mouvement) de 2,5 mm, ce qui est très long et très rare dans l’industrie »


En conclusion, Theo réaffirme le positionnement distinct de cette pièce de haute horlogerie qui dessine les contours d’une horlogerie d’exception, propulsant la mécanique dans une dimension artistique. Le prototype de la « First Edition » s’’adresse à des passionnés d’art mécanique. Emblème du Club, cette pièce de haute horlogerie incarne un garde-temps avant-gardiste à l’esthétique épurée, une montre sport de grande distinction qui appelle à faire découvrir son pedigree en toute discrétion. Signature exclusive qui caractérise l’approche « Bespoke High-End Motoring Lifestyle» voulue par Patrick Bornhauser, initiateur du projet et Président de BPM Group.

Pecqueur Motorists« First Edition » : Bespoke Monitoring Lifestyle on the wrist

Par Hubert de Haro

Dans ce nouveau volet de la saga Pecqueur Motorists, nous tentons une possible synthèse des atouts de la première montre signée Pecqueur Motorists, dont nous vous dévoilons les vues du prototype en phase finale de développement.

La passion pour les belles mécaniques est le moteur du Groupe BPM (Bornhauser Performance Moteurs).
La dimension multiple de cet univers a toujours fasciné Patrick Bornhauser, Président Fondateur de ce groupe leader dans la distribution de véhicules motorisés. Qu’il s’agisse de s’adresser aux passionnés d’automobiles, de motos, de bateaux ou d’avions, l’idée lui est venue de créer le Club Pecqueur Motorists dont l’objectif est d’édifier des ponts entre ces univers.
Arrière-petit-fils du maître horloger dont la charge était de veiller à la bonne marche de l’horloge de la ville suisse de Saint-Gall, Patrick Bornhauser a toujours porté grand intérêt à la haute horlogerie. Il découvre un jour, fortuitement,
que le mécanisme du différentiel automobile a été breveté en 1827 par un horloger talentueux, Onésiphore Pecqueur.
C’est ainsi qu’en code d’accès au Club Pecqueur Motorists, il décide de faire étudier et réaliser une pièce de haute horlogerie dont la complication Dual Time GMT du calibre rend hommage à l’inventeur Onésiphore Pecqueur.
«Il y aura toujours un différentiel dans toutes les collections Pecqueur Motorists à venir, et nous chercherons toujours à le mettre en valeur à travers de nouvelles complications que nous allons développer avec notre
partenaire LTM», explique Hamdi Chatti, professionnel aguerri de l’écosystème horloger et maître d’oeuvre du projet horloger Pecqueur Motorists.
Mais en quoi le différentiel peut-il être si crucial au développement d’une nouvelle montre ?

Imaginez un instant tenir entre vos mains le premier prototype de la montre Pecqueur Motorists. Le regard est immédiatement rivé sur un pont à 7h. Atypique dans l’horlogerie, élégamment profilé, aux allures de Tour Eiffel, il enjambe une partie du cadran. À son extrémité supérieure, deux rubis attestent de la présence de rouages, visibles à l’oeil nu. Le plus grand des rouages, évidé, offre une vue plongeante dans le coeur du mouvement.
Par ailleurs, l’architecture stratifiée du cadran joue sur les superpositions où chacune est un disque particulier, comme nous l’explique Christophe Beuchat, directeur du cadranier Comblémine et créateur du cadran de la montre Pecqueur Motorists. «Le design du cadran est complexe de par ses différents niveaux de hauteur et la variété des textures. Il est composé de sept pièces et a exigé des pieds (situés immédiatement au-dessous du cadran et «fixant» ce dernier au mouvement, ndlr) de 2,5 mm, ce qui est très long et très rare dans l’industrie.» Un défi majeur que Comblémine, entreprise installée dans le Val-de-Travers depuis 2014, a relevé avec ténacité et talent.

L’observation attentive de la boîte décuple tout autant notre imagination. Essayez en effet de prolonger les lignes de la carrure qui encercle le boîtier rond de la montre, vous obtiendrez une figure géométrique proche de l’ellipse. Or, le premier compas à ellipse a précisément été inventé par le jeune Onésiphore Pecqueur dans les années 1810. Il s’agit peut-être d’un subtil clin d’oeil des designers du Stellantis Design Studio au génie mécanicien. Trait marquant qu’Aurélien Bouchet, directeur de la société AB Concept, chargée de la conception du boîtier de la montre Pecqueur Motorists, apprécie à sa juste dimension: «Le projet Pecqueur transmet une vraie histoire à travers une pièce d’art mécanique. Étant moi-même passionné par cet univers, la motivation à participer à cette magnifique aventure a été grande.»

La montre irradie également de par ses nombreux jeux de lumière. Des mains expertes ont su jouer sur les riches effets de polissage du cadran, à savoir les Côtes de Genève (marqueur visuel indéniable), le sablage ou le diamantage. L’expertise d’autres artisans tout aussi spécialisés se lit encore dans les finitions brossés, polies ou satinés. Quant à la discrétion du triptyque de la signature périphérique «Différentiel – Swiss Made – Onésiphore Pecqueur» et du logotype tout en rondeur, elle apporte une dernière touche de sobriété visuel à l’ensemble.

Spécificités du différentiel Pecqueur

  • Le Différentiel du calibre Pecqueur LTM 5021 permet de corriger l’heure locale, le 2e fuseau horaire et l’indicateur jour/nuit indépendamment ou solidairement.
  • Affichage de l’heure locale et de l’heure de destination (2e fuseau) par deux affichages séparés. L’heure de destination comporte aussi une aiguille des minutes.
  • Un disque «GMT» indique le fuseau sur lequel l’heure de destination est calée.
  • Le fonctionnement du mécanisme du Différentiel sphérique est apparent sur le cadran.
  • Un indicateur «jour/nuit» lie au 2e fuseau horaire indique si l’on se trouve dans la tranche horaire 6.00-18.00 ou 18.00-6.00 .
  • Une fois la montre «calibrée», une simple pression sur le poussoir positionné à « 8 heures » permet le réglage de l’indicateur de fuseau (disque) «GMT» et d’aligner le 2e fuseau horaire simultanément.
  • Ergonomie de correction: Lors de la correction du 2e fuseau horaire, le Différentiel actionne les satellitaires qui accélère la vitesse du rouage du GMT et permet la correction rapide du deuxième fuseau horaire sans altérer la marche du fuseau principal.
  • Un correcteur positionné à «10 heures» permet de corriger le disque par rapport à l’heure du 2e fuseau. Deux corrections sont possibles: la correction du disque GMT seul à 10h et celle du disque GMT et de l’heure GMT à 8h.
  • 10 mobiles montés sur 20 rubis: 1 mobile de minuterie pour l’affichage de l’heure locale, 1 mobile de minuterie pour l’affichage du 2e fuseau horaire, 5 mobiles dont le différentiel entre la sortie du «Moteur» et l’affichage 2e fuseau et 2 mobiles pour l’affichage de la seconde.

La quadrature du cercle

«Les designers du Stellantis Design Studio se sont inspirés des rouages horlogers, détaille Hamdi Chatti, Le boîtier et le cadran ont été dessinés à l’aide d’un compas. » Et d’ajouter: «L’harmonie parfaite des différents cercles, chacun ayant sa propre fonction, met en exergue le différentiel.» Et le résultat surprend: trois cadrans décentrés auxiliaires et deux guichets semblent interagir comme autant de rouages qui se bousculent et transgressent de sages choix stylistiques ancestraux.

Mais qu’affichent-ils exactement?
Dans le sens horaire, à 11h, le cadran principal indique naturellement les heures et les minutes. Puis, à 1h, un guichet semi-circulaire affiche un chiffre (signalé par un triangle blanc), que l’on sélectionne à l’aide du poussoir supérieur gauche de la boîte. Chaque chiffre correspond à l’indication d’un fuseau horaire, sur une échelle de 0 à 12 – heures diurnes sur fond gris clair et heures nocturnes sur fond bleu foncé. Sur le cadran auxiliaire logé à 4h, les heures et minutes affichent un deuxième fuseau horaire ajustable comme suit: une fois sélectionnée l’heure souhaitée à l’aide du poussoir supérieur gauche, le poussoir inférieur gauche de la boîte synchronise automatiquement l’heure du deuxième fuseau horaire. Le petit disque jour/nuit élégant, glissé dans le cadran auxiliaire, renforce l’information diurne/nocturne. Quant au petit compteur auxiliaire à
6h, il scande les secondes.

Génétique appliquée

Le cadran et le boîtier de la montre Pecqueur Motorists protègent un calibre d’une rare complexité. Son étude et sa construction ont été confiées à la très discrète mais renommée société Le Temps Manufacture (LTM) située à Fleurier dans le Val-de-Travers et fondée en 2008 par l’entrepreneur Sylvain Jacques. 
La fiche technique du calibre Différentiel Dual Time LTM 5021 est éloquente. Les engrenages étagés à renvois d’angles du différentiel relèvent d’une génétique commune au brevet d’Onésiphore Pecqueur déposé en 1827. En décryptant fidèlement la prouesse technique de l’époque, les ingénieurs revendiquent ici un pedigree. Le différentiel LTM est composé d’un noyau central en forme de croix, encadré par deux grands roues horizontales – que les horlogers nomment «mobiles». De part et d’autre du noyau central, deux pignons verticaux plus petits vissés au corps central composent le bras horizontal de la croix. «L’intérêt majeur du différentiel est de ne pas perturber la marche lors du changement de fuseau horaire, donc de gagner en précision», explique Hamdi Chatti. En d’autres termes, le coeur de calibre Pecqueur différentiel Dual Time LTM 5021 continue de battre à une fréquence de 28’800 alternances par heure, soit quatre «tic-tac» par seconde, et ce même lors de la manipulation des poussoirs. Le couple balancier-spiral préserve ainsi son isochronisme tout au long des 60 heures de réserve de marche du mouvement.
L’harmonie générale qui se dégage du calibre ne laisse en rien supposer qu’il contient 237 pièces pour une épaisseur d’à peine 7,73 mm et un diamètre d’encageage de 37,8 mm (16 ¾ lignes). Une véritable prouesse.

Point d’orgue

La montre Pecqueur Motorists s’adresse à des passionnés d’art mécanique dont certains n’ont pas nécessairement encore eu tous les codes d’accès à la haute horlogerie. Ils appréhenderont la complexité technique
de l’intégration d’un différentiel génétiquement fidèle à l’esprit de son inventeur et découvriront l’architecture stratifiée qui déploie de multiples affichages lisibles sur trois cadrans décentrés auxiliaires et deux guichets.
L’emblème du Club Pecqueur Motorists incarne un garde-temps avant-gardiste à l’esthétique épurée, une montre de sport de grande distinction qui appelle à faire découvrir son pedigree en toute discrétion. Poinçon
de cet exclusif qui caractérise l’approche «Bespoke Motoring Lifestyle» voulue par Patrick Bornhauser.
Limitée à 25 exemplaires, cette première collection «First Edition» du projet Pecqueur Motorists est inclassable et universelle. Elle n’a eu de cesse de nous surprendre, tout au long des mois de reportages et de rencontres. Cette montre éveille la curiosité et devrait
s’imposer comme une des révélations mécaniques du printemps 2023. Elle démontre que la haute horlogerie peut donner naissance à des projets novateurs dont elle a légitimité à être le socle porteur.

6 avril 2023 : Lancement du Club Pecqueur Motorists

“Engineering with artistic vision to create amazing pieces of mechanical structure »

Pour illustrer la signature et la philosophie du Club Pecqueur Motorists “Arts Mécaniques en Mouvement”, BPM Group a présenté – au sein des locaux d’Aston-Martin Paris – deux prototypes : Celui de la moto Brough Superior AMB001 et celui de la pièce horlogère Club Pecqueur Motorists dans sa livrée “First Edition”. Deux œuvres d’art mécanique qui capturent, chacune sur leur registre, l’essence et le dynamisme de la performance.

Retour en images sur cette soirée de lancement

Pecqueur Motorists :Un habillage exclusif pour faire la différence

Par Hubert de Haro

Parer un nouveau calibre d’un habillage esthétique idoine exige la concertation d’experts. Dans ce troisième volet de la saga «Pecqueur Motorists», nous sommes allés à la rencontre de professionnels passionnés – designers, cadraniers et concepteurs de boîtier – tous impliqués dans le succès de ce projet horloger ambitieux, catalyseur d’une genèse automobile oubliée.

Le poète allemand Johann Goethe (1749-1832) aurait achevé une longue correspondance en s’excusant en ces termes: «Désolé, mais je n’ai pas eu le temps de faire plus court.» Simplifier le complexe relève parfois du génie.

Les designers de la montre Pecqueur Motorists Dual Time LTM 5021 (lire ici l’épisode précédent sur le mouvement du modèle), code d’accès et emblème du club éponyme, le savent bien. Leur mission s’est parfois apparentée au périlleux exercice de l’équilibriste. Dans leur cahier de charges, le module du différentiel devait apparaître distinctement sur le cadran, sans jamais éclipser pour autant les multiples indications horaires.

Car cette montre n’a rien de conventionnel, bien au contraire. Au quotidien, ce garde-temps singulier dilate notre espace-temps et nous invite inlassablement au voyage, ses compteurs des heures locales et des différents fuseaux arborant une lisibilité irréprochable.

Au début était… le compas

La coutume horlogère désigne par «habillage» tous les éléments d’une montre – boîtier, cadran, aiguilles – à l’exception du mouvement. Cette tradition en dit long sur le regard porté par les professionnels sur la «silhouette» (le boîtier) et le «visage» (le cadran) du temps. Comme pour toute création de haute couture, l’aventure commence par le trait, cette projection dessinée sur papier des idées et concepts imaginés.

Les mentors du projet ont confié cette tâche au Stellantis Design Studio, créé en 2021 par le groupe Stellantis, dans le sillage du Peugeot Design Lab. «Les designers se sont inspirés des rouages horlogers, détaille Hamdi Chatti, maître d’œuvre du projet horloger Pecqueur Motorists. Le boîtier, le cadran ainsi que la gravure au dos de la boîte ont été dessinés à l’aide d’un compas.»

Un compas, un cercle, un disque… autant de figures géométriques qui nous renvoient aux prémices d’une mesure du temps protohistorique: les cadrans solaires, constitués d’un cercle et un gnomon. N’ont-ils pas suffi à rythmer notre quotidien des siècles durant?

Prototype de la montre Pecqueur Motorists en phase finale de développement
Le choix stylistique du Stellantis Design Studio témoigne d’une grande culture horlogère. Il est tout sauf anodin, comme le souligne Hamdi Chatti: «L’harmonie parfaite des différents cercles, chacun ayant sa propre fonction, met en exergue le différentiel.» Ce dernier, condensé d’inventivité technique, est une pièce maîtresse dont on apprécie toute la complexité au premier regard.

Une fois la conception finalisée et approuvée, il s’agit de passer à la délicate étape industrielle – soit de la théorie à la pratique en quelque sorte. Lors de cette opération, le projet Pecqueur Motorists a bénéficié de la compétence de deux jeunes entreprises indépendantes, reconnues pour leur professionnalisme: Comblémine et AB Concept.

Architecture tridimensionnelle

Les premiers prototypes fonctionnels de la montre Pecqueur Motorists verront le jour début avril 2023, grâce notamment à la ténacité et l’ingéniosité du cadranier Comblémine, installé dans le Val-de-Travers depuis 2014. Europa Star a rencontré son fondateur et directeur Christophe Beuchat, qui donne immédiatement le ton: «Notre constructrice interne a beaucoup travaillé sur les nombreux détails du cadran, pour garantir un rendu aussi fidèle que possible au design.»

Le cadran jour/nuit développé par Comblémine pour Pecqueur Motorists

La cadranerie recèle une riche culture industrielle, à la croisée de l’ingénierie et des Beaux-Arts. Les centaines d’opérations nécessaires à la conception d’un nouveau cadran impliquent rigueur, précision microscopique mais aussi une parfaite sensibilité chromatique. Le savoir-faire et l’inventivité de Comblémine a ainsi permis au projet Pecqueur Motorists de puiser dans une palette quasi-infinie de couleurs. Les différents essais de combinaisons chromatiques du petit disque jour/nuit sont le témoin de cette liberté créatrice.

Vue détaillée du cadran à sept niveaux de profondeur

Autre caractéristique de la montre Pecqueur Motorists, qui impose le respect: l’architecture tridimensionnelle de son cadran. «Le design du cadran est complexe de par ses différents niveaux de hauteur, explique Christophe Beuchat. Il est composé de sept pièces et a exigé des pieds (situés au-dessous d’un cadran, ils unissent ce dernier au mouvement, ndlr) de 2,5 mm, ce qui est très long et très rare dans l’industrie.»

Pour ce faire, des commandes numériques de trois axes puis de cinq axes pour l’angle du guichet de 24 heures ont été requises. Invisible à l’œil nu, chacune des pièces du cadran a reçu au préalable, un bain de galvanoplastie. Ce procédé chimique permet d’accepter un revêtement métallique, par un phénomène d’électrolyse. On cherche ici à durcir les pièces usinées et à explorer en même temps des contrées esthétiques inconnues. Car le cadran de la Pecqueur Motorists n’est pas seulement la somme de ses composants. La variété de textures obtenues par polissage le rend immédiatement reconnaissable: Côtes de Genève, sablage ou autre diamantage.

Le polisseur, comme le musicien, dispose d’une gamme étendue et personnelle d’outils. On imagine volontiers des pâtes abrasives de pierres réduites en poudre ou des brosses aux fils de laiton pour un résultat de virtuose.

Une fois le cadran et les aiguilles montés sur le calibre Pecqueur Différentiel Dual Time LTM 5021, le prototype est presque prêt. Ultime étape: l’emboîtage.

La quadrature du cercle

«L’intégration d’un mouvement (le moteur) dans un habillage horloger (la carrosserie) est essentielle en automobile mais aussi en horlogerie, explique Aurélien Bouchet, directeur de la société AB concept, chargée de la conception et de la production du boîtier de la montre Pecqueur Motorists. Les échanges techniques entre les différents intervenants sont la clé de la conception d’une montre comme d’une voiture de course ».

Le boîtier de la montre Pecqueur Motorists ne craint pas de s’afficher. À titre d’exemple, la configuration discrète des poussoirs paraît aller de soi. Et pourtant, comme le souligne Aurélien Bouchet, «il a fallu tenir compte des contraintes du mouvement et de l’étagement du cadran comme exigé dans le design».

Vue détaillée du boîtier

Le boîtier AB Concept traduit précisément la volonté du Stellantis Design Studio. Il épouse, encadre et rassure sans jamais l’emporter sur l’esthétique du cadran. Un travail remarquable dont le résultat dépasse les attentes d’Aurélien Bouchet: «La montre Pecqueur Motorists réussit à intégrer une technique exigeante avec un design raffiné et unique.»

Conclusion

Beaucoup succomberont à la tentation de comparer la montre Pecqueur Motorists à d’autres modèles. Il s’agira pourtant d’un exercice vain. Ce troisième volet de la saga Pecqueur se termine en effet sur une certitude: nous avons rarement eu l’occasion de témoigner de la genèse d’une montre aussi complexe dans son design, aussi originale dans sa technicité et dans sa fonctionnalité horlogère, aussi réussie dans son habillage cadran-boîtier.

De fait, les responsables du nouveau projet horloger ont fait preuve d’une ténacité rare dans leur recherche d’un équilibre entre technicité et élégance, comme en témoigne Hamdi Chatti: «Il y a toujours un lien entre la fonctionnalité et la beauté des objets.» Ainsi est donnée sa pleine dimension à la filiation aux «Arts Mécaniques en Mouvement» chère à Patrick Bornhauser, President-Fondateur du Groupe BPM, à l’origine du développement du projet Pecqueur Motorists.

Le Calibre Différentiel Pecqueur Motorists Dual Time LTM 5021

Par Hubert de Haro

Construire un nouveau calibre exige parfois de l’audace, souvent de la ténacité. Dans le plus grand des secrets, un fabricant installé dans le Val-de-Travers achève les premiers prototypes d’un étonnant mouvement mécanique. Voyage à la découverte du nouveau calibre LTM 5021, premier acte public du projet «Pecqueur Motorists».

L’écosystème horloger ne se résume pas à quelques grands groupes. Produisant tout au plus une centaine de montres par an, des entreprises indépendantes prouvent au quotidien qu’il est encore possible de concevoir un calibre original, en s’appuyant sur un réseau de fournisseurs dense et dynamique.

Parmi eux, la discrète structure «Le Temps Manufacture» (LTM) propose, à une vingtaine de clients, six calibres mécaniques – à remontage manuel et automatique – entièrement conçus et développés en interne. Établie dans le Val-de-Travers, cette société fondée en 2008 par Sylvain Jacques occupe près de cent employés répartis entre Fleurier et Couvet.

Ces «motoristes», comme on les surnomme parfois, ont été choisis par BPM Group (Bornhauser Performance Motors, un autre «motoriste»), dont le fondateur Patrick Bornhauser a donné vie au projet ambitieux «Pecqueur Motorists». L’acte premier de ce partenariat industriel verra le jour au printemps, durant la période des salons genevois, avec la présentation de la première montre Pecqueur, réservée aux membres du Club «Pecqueur Motorists» (lire notre précédent article à ce sujet ici).

Le mouvement Pecqueur LTM 5021, vue de dessus

Onésiphore Pecqueur: incontournable oublié des arts mécaniques

Malgré un prénom tout à fait singulier, l’œuvre de l’horloger scientifique Pecqueur demeure pratiquement inconnue. Et pourtant, celui-ci a breveté en 1828 un mécanisme qui équipe aujourd’hui toutes les voitures à traction mécanique: le différentiel. Selon ses propres mots, il s’agit d’un «mécanisme qui partage la puissance sur les deux roues arrière sans nuire à leur indépendance».

Considéré à son époque comme le premier ingénieur automobile, chef des ateliers du Conservatoire des arts et métiers de Paris, il reçoit la médaille d’or à l’occasion de l’Exposition des produits de l’industrie française en 1823. Grâce aux «rouages Pecqueur», pour reprendre les mots du jury de l’époque, «on peut résoudre une foule de problèmes mécaniques à la solution desquelles les arts industriels sont directement intéressés». Rien de moins. Une découverte cruciale et prometteuse pour Patrick Bornhauser, passionné par l’univers des arts mécaniques et arrière-petit-fils d’un maître-horloger suisse.

«Le plus grand défi lors du développement de ce calibre a été l’intégration du différentiel ‘originel’ dans un mouvement horloger, en raison de son volume imposant.»

Montage du différentiel Pecqueur

Le différentiel comme clef de voûte

«Le mécanisme du différentiel va être le fil conducteur de tous nos développements horlogers»: Hamdi Chatti, en charge du développement du projet horloger du club Pecqueur Motorists, donne le ton. Le cahier des charges pour la première montre Pecqueur ne pouvait donc pas être plus clair: mettre systématiquement en valeur ce mécanisme ingénieux, fil conducteur de toutes les réalisations horlogères à venir, telle la clef de voûte d’un bel édifice en devenir.

Vue éclatée du mécanisme de différentiel sur le Calibre Pecqueur LTM 5021 qui équipera le premier modèle Pecqueur Motorists qui sera dévoilé ce printemps.

À ce jour, d’autres horlogers, notamment Philippe Dufour ou Greubel Forsey, ont eu recours au même mécanisme dans des mouvements tout à fait spéciaux, puisqu’équipés de deux échappements. Le différentiel a dans ce cas pour fonction d’obtenir la moyenne de marche entre les deux échappements, un peu comme le ferait une ancienne balance à poids. On le retrouvera encore dans le brevet européen Nº EP2264551B1, où il permet une optimisation de la fonction de réserve de marche.
Toutefois, la construction du différentiel du Calibre Pecqueur LTM 5021 est radicalement différente de ses proches cousins. On a soigneusement évité l’écueil de la copie. «Le plus grand défi lors du développement de ce calibre a été l’intégration du différentiel ‘originel’ dans un mouvement horloger. Bien que ce différentiel apporte une plus-value non négligeable lors des corrections, son intégration a dû être pensée dès le début du projet à cause de son volume imposant», nous explique Yoann Paulin, chef de projets chez LTM.
Au premier regard, le résultat obtenu par les équipes de LTM évoque immédiatement la solution historique d’Onésiphore Pecqueur. En décryptant l’esprit Pecqueur, les ingénieurs constructeurs de LTM revendiquent un pédigrée, une lignée. Leur audace leur a permis de s’éloigner de toutes les solutions techniques contemporaines. Les amateurs de belles mécaniques les en remercieront d’autant plus que le Calibre Pecqueur LTM 5021 se limite à une épaisseur de 7,75 mm, une véritable prouesse horlogère lorsque l’on considère l’espace seul occupé par le «rouage Pecqueur».

Considéré comme le premier ingénieur automobile, Onésiphore Pecqueur dépose en 1828 le brevet d’un mécanisme qui équipe aujourd’hui toutes les voitures à traction mécanique: le différentiel.

Le mouvement Pecqueur LTM 5021, vue de dessous

Au service du GMT

Le différentiel du Calibre Pecqueur LTM 5021 est mis au service d’une fonction essentielle au voyageur: une deuxième indication des heures. Cette fonction est parfois appelée Dual Time (littéralement «deuxième heure») ou GMT (Greenwich Mean Time), du nom de l’heure moyenne au méridien de Greenwich, standard absolu pour les 43 fuseaux horaires actuellement utilisés dans l’ensemble des régions du globe. On pourra y voir un joli clin d’œil à la première pendule construite par Onésiphore Pecqueur. En effet, celle-ci présentait sur deux compteurs distincts l’heure légale et l’heure sidérale.

Le Calibre Pecqueur LTM 5021 avec son module GMT

Mais en quoi le différentiel se révèle-t-il si intéressant pour une indication GMT?

«L’intérêt du différentiel dans le Calibre Pecqueur LTM 5021 est de ne pas perturber la marche lors de la mise à l’heure du GMT», nous explique Hamdi Chatti. En d’autres termes, le couple balancier-spiral continue à osciller alors même que l’utilisateur manipule la fonction Dual Time. Cette solution horlogère offre l’immense avantage de préserver l’isochronisme de la future montre Pecqueur, à savoir la régularité de la vitesse de l’organe réglant de l’échappement au cours des 60 heures de réserve de marche.

Affichage du fuseau horaire sur la montre Pecqueur Motorists

«Le premier poussoir permet le réglage du numéro du fuseau seul alors que le second poussoir permet le réglage synchronisé du numéro du fuseau ainsi que l’heure du deuxième fuseau horaire», détaille Yoann Paulin. Et c’est bien là que réside l’autre avantage considérable de la «complication Pecqueur»: permettre une lecture pratiquement instantanée de l’heure choisie comme deuxième fuseau horaire, tout en préservant l’exactitude de l’heure locale.

«L’intérêt du différentiel dans le Calibre Pecqueur LTM 5021 est de ne pas perturber la marche lors de la mise à l’heure du GMT.»

La construction audacieuse du Calibre Pecqueur LTM 5021, 100% Swiss made, puise dans un répertoire historique de première importance. Les ingénieurs constructeurs ont en effet reconstruit intégralement les engrenages du différentiel, et ce dans l’esprit de leur inventeur: Onésiphore Pecqueur.
L’harmonie qui se dégage des 237 composants du Calibre Pecqueur LTM 5021 s’annonce comme l’une des révélations horlogères de ce printemps, et saura combler les privilégiés connaisseurs du club «Pecqueur Motorists».